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Interview “In Love”

Parce que l’amour est universel et qu’il revêt bien des formes partout dans le monde, Yanna nous livre quelques-unes de ses rencontres extraordinaires...

1. Dans Pink Baobab, tu parles de l’amour.
Es-tu partie en Afrique pour répondre à cette quête ?


Avant mon départ, j’étais blessée, je me questionnais sur le sens de l’amour. J’avais envie d’écrire sur ce thème et, par le vagabondage, je voulais me rendre complètement disponible à l’amour. J’aurai pu choisir un autre continent mais l’Afrique, de part , l’exubérance des gens et leur générosité m’a semblée très appropriée à ma quête.

2. As-tu eu un coup de foudre amoureux lors de ce périple ?
 
Pas qu’un mais plusieurs (rires) ! Comme j’étais complètement connectée à ce thème, la vie m’a offert ce que j’étais apte à recevoir. C’est comme si mon voyage répondait à ma demande et me donnait l’inspiration nécessaire pour écrire mon livre. Il m’est arrivé plus d’une fois de me croire l’héroïne d’un film ou d’un roman. Mon plus beau coup de foudre est celui au Caire avec Naseer, un musicien Irakien, qui avec son oud magique m’a transporté au nirvana.

3. Des relations très fortes ont dû se créer, si tu devais relater un souvenir marquant, lequel serait-il ?


Un soir dans une gargote obscure dans le Nord du Bénin, je rencontre Denise, une jeune femme de mon âge. Une complicité instantanée se tisse, et elle m’invite chez elle. Nous avons passé trois jours ensemble à parler de tout et de rien, de la vie, de nos blessures entre deux maquillages et deux gorgées de bière. Elle me racontait avec une tendresse infinie ses désillusions amoureuses en faisant des essayages devant le miroir. La quitter fut un déchirement, c’était comme si j’avais laissé mon cœur quelque part dans la jungle béninoise.
 
4. Quelle forme d’amour la plus inattendue as-tu rencontré ?
 
Une rencontre avec un « marabout » dans le Sud du Burkina Faso. En lisant l’avenir dans le sable, il désirait me faire du bien, m’écouter et protéger mes pas en Afrique. Il avait le

pouvoir ensuite d’éloigner les mauvais esprits en effectuant un rituel de sacrifices. Il voulait me regonfler d’espoir et de force pour que je continue mon voyage. Cette tendresse paternelle et la simplicité avec laquelle il s’est occupé de moi m’ont bouleversée.

5. Auprès de quel peuple as-tu reçu le plus d’amour ?

Chez les bédouins d’Egypte qui vivent dans le désert. J’étais avec un ami égyptien qui m’avait fait découvrir la splendeur des dunes à la belle étoile et le matin nous étions invités dans une famille modeste pour partager un repas fait de couscous et de fruits. Sans aucune langue en commun, nous avons communiqué par le langage universel et ri aux éclats comme si nous nous connaissions depuis toujours. J’avais l’impression d’être chez moi.

6. Ta plus belle nuit d’amour en nomade ?

Avec un jeune et beau mexicain, Carlos. Une rencontre explosive, irrationnelle, et impalpable. Tous les deux partis voyager pour dépeindre les variations de l’amour, moi avec des mots, lui avec des images, nous avions l’impression de nous connaître depuis des lustres. Nous nous sommes retrouvés en miroir comme deux morceaux d’une même âme (c’est la version platonicienne de l’amour !). Ce fut une nuit torride, survoltée d’émotion, et pleine d’érotisme comme si tous nos sens étaient à leur paroxysme. Un amour passionnel qui a duré deux jours.